L’Union des producteurs agricoles (UPA) prend acte des montants attribués à la poursuite du Plan d’agriculture durable 2020-2030 (100 M$ sur 5 ans), à la mise en œuvre de la Politique bioalimentaire du Québec 2025-2035 (60,3 M$ sur 5 ans M$) et au financement du Programme Investissement Croissance Durable (42 M$ sur 5 ans), tout en signalant qu’ils sont bien en deçà des attentes et des inquiétudes du milieu.
« Les entreprises agricoles et forestières seront parmi les plus affectées par les tarifs du président américain. Cette menace s’ajoute aux difficultés vécues par des milliers d’entre elles ces dernières années. La réponse du gouvernement, qui, de surcroît, diminue de 1,7 % le budget global du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (de 1 303 M$ à 1 281 M$), sera accueillie tièdement », a déclaré le président général de l’UPA, Martin Caron.
Rappelons que les quelque 29 000 entreprises agricoles du Québec procurent de l’emploi à plus de 52 500 personnes, développent chaque jour le territoire, investissent chaque année 1,6 G$ dans l’économie de nos régions et nourrissent durablement des millions de consommateurs d’ici et d’ailleurs dans le monde.
Laisser en plan les producteurs, alors qu’ils sont préoccupés par l’intoxication tarifaire de M. Trump, ébranlés par le contexte économique difficile, étouffés par la lourdeur administrative (en raison de la lenteur des travaux en cours) et exaspérés par des règlements mal adaptés à leurs impératifs de compétitivité, est un très mauvais signal à envoyer.
Mentionnons également que la majeure partie des exportations bioalimentaires québécoises est destinée aux États-Unis (72 % en 2024; 9 G$) et que l’imposition de tarifs douaniers américains sur les marchandises en provenance du Canada affecterait très négativement les secteurs qui misent fortement sur l’exportation de leurs produits au sud de la frontière (fruits et légumes, produits céréaliers, viande porcine, produits d’érable, viande bovine, pommes de terre, etc.). L’imposition par la Chine de droits de douane supplémentaires sur plusieurs produits agricoles canadiens (porc, canola, etc.) est aussi un facteur aggravant.
Ajoutons que la réponse du gouvernement aux difficultés de milliers d’entreprises agricoles, depuis 2023, a pris la forme d’un certain nombre de chantiers et d’initiatives. Cette ouverture n’a toutefois pas répondu à l’ensemble des besoins, comme en témoignent les plus récentes prévisions d’Agriculture et Agroalimentaire Canada :
| 2023 | 2024 | 24/23 | 2025 | 25/24 |
Revenu net total du secteur agricole (Qc) | 464,5 M$ | 276,7 M$ | -40,4 % | -128 M$ | -146,3 % |
D’autant plus que près de la moitié des sommes annoncées en juin 2024 Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre en réaction à la crise agricole et la mobilisation des productrices et producteurs n’a toujours pas été versée (exemple : 106 M$ pour le soutien à la lutte et à l’adaptation aux changements climatiques). Doit-on vraiment s’étonner des propos récents Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre du président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, selon qui la « prochaine grosse gestion de crise » aura probablement lieu dans le secteur agricole?
Ajoutons que le milieu agroalimentaire a formulé des demandes précises Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre en février dernier, au regard notamment des mécanismes en vertu desquels une aide financière directe serait attribuée aux entreprises pénalisées par le conflit tarifaire. Le soutien annoncé jusqu’à maintenant Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre est malheureusement mal adapté au secteur agricole, les programmes nécessitant un chiffre d’affaires trop élevé, supposant de trop longs délais ou favorisant un endettement accru.
L’UPA aurait aussi vu d’un bon œil des investissements permettant d’actualiser les programmes de gestion des risques, de diminuer la part des taxes municipales assumées par les productrices et les producteurs, d’appuyer davantage l’agriculture en région périphérique, d’accélérer le déploiement de la Fiducie agricole UPA-Fondaction Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre et de répondre encore plus fidèlement aux attentes légitimes de la relève et des producteurs en forêt privée.
L’organisation aurait également souhaité, comme les productrices et les producteurs le réclament depuis plusieurs années, que la contribution directe des entreprises agricoles au Fonds d’électrification et de changements climatiques (485 M$ de 2015 à 2024 inclusivement) soit réinvestie dans le milieu. La somme annoncée dans le discours sur le budget 2025-2026, c’est-à-dire 13,7 M$, laisse donc le milieu sur son appétit.