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Un réflexe essentiel à notre avenir collectif

Publié le 27 février 2025 - Écrit par Martin Caron, président général

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  • Textes d’opinion

Le président américain, Donald Trump, a confirmé ces derniers jours que des tarifs de 25 % sur toutes les importations en provenance du Canada (sauf l’énergie : 10 %) entreraient en vigueur dès le 4 mars, au terme d’un sursis d’un mois.

Au moment d’écrire ces lignes, c’est-à-dire quelques jours avant l’échéance, il était impossible de déterminer s’il mettrait ses menaces à exécution. Certains intervenants considèrent qu’il s’agit d’un bluff, alors que d’autres le croient sur parole. Dans un cas comme dans l’autre, il était important de demander aux gouvernements québécois et canadien de prioriser la sécurité alimentaire et la vitalité de nos régions dans toutes leurs réflexions, discussions et décisions portant sur les tensions commerciales avec les États-Unis.

Cette nécessité est à l’origine du front commun annoncé le 24 février dernier à la Maison de l’UPA, en compagnie de Sollio Groupe Coopératif, du Conseil de la transformation alimentaire du Québec, de l’Association des détaillants en alimentation du Québec, du Conseil canadien du commerce de détail et d’Aliments du Québec. Des représentants d’Agropur, de l’Association des marchés publics du Québec, de l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière et d’Exceldor Coopérative étaient aussi présents.

Les intervenants ont insisté sur l’importance économique de l’agriculture et de la transformation alimentaire du Québec (127 000 emplois; PIB de 13,4 G$ en 2023). Ils ont aussi rappelé que la majeure partie des exportations bioalimentaires québécoises était destinée aux États-Unis (72 % en 2024; 9 G$). L’imposition de tarifs douaniers ferait très mal aux secteurs qui exportent leurs produits chez nos voisins du Sud.

L’imposition de contre-tarifs, en guise de représailles, est aussi une préoccupation. Il faut éviter à tout prix d’imposer des tarifs canadiens sur les intrants américains importés par les producteurs (environ 2 G$ par année) et transformateurs québécois (double impact tarifaire). Le front commun a aussi demandé aux gouvernements de garantir l’arrivée sans encombre des travailleurs étrangers temporaires (agriculture et transformation alimentaire), de prévoir des allègements administratifs et réglementaires et d’entreprendre une promotion exceptionnellement soutenue de l’achat local. Une aide financière directe aux entreprises pénalisées par le conflit tarifaire (en évitant d’accroître l’endettement du secteur) est également requise.

En marge de présentations de l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest (qui a également pris part à la conférence de presse), et du ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie du Canada, François-Philippe Champagne, tous les intervenants du front commun ont rappelé que nos entreprises sont exceptionnellement résilientes, mais qu’elles doivent rapidement savoir à quoi s’en tenir.

Ils ont aussi affirmé que la protection de nos intérêts agroalimentaires est une priorité nationale, surtout dans un contexte d’instabilité extrême. C’est pourquoi toutes les entreprises du secteur doivent sentir et constater l’appui indéfectible des deux paliers de gouvernement. On parle beaucoup, à Québec comme à Ottawa, de protéger nos emplois et nos industries qui exportent. Soulignons à cet égard que la production agricole et la transformation alimentaire génèrent 3 fois plus d’emplois que l’aérospatiale, 8 fois plus que l’extraction minière et 17 fois plus que la production d’aluminium.

Comme l’a indiqué M. Charest, les événements se bousculent et les décisions gouvernementales se précipitent en période de conflit commercial. L’objectif fondamental du front commun est que chacune de ces décisions, en toutes circonstances, soit précédée d’une question toute simple : « En quoi cette décision affecte-t-elle nos producteurs et transformateurs québécois et canadiens? ». Notre sécurité alimentaire et nos régions dépendent littéralement de ce réflexe essentiel à notre avenir collectif.